Gestion des bénévoles en association : comment gérer, quels droits, quelles contreparties ?

Gestion des bénévoles

Bénévolat Compte d’Engagement Citoyen Décret 2025 Association loi 1901 Engagement bénévole Gestion des bénévoles en association : le nouveau décret expliqué Facebook Instagram Linkedin Tiktok Youtube En France, près de 1,5 million d’associations reposent sur l’énergie de 23 millions de bénévoles. Pourtant, la gestion des bénévoles en association reste souvent artisanale : un tableur, quelques échanges par téléphone, une mémoire collective qui s’effrite quand un dirigeant historique passe la main. Un nouveau décret d’application de la loi sur l’engagement bénévole vient justement compléter la boîte à outils des associations, avec de nouvelles possibilités pour reconnaître et faciliter l’engagement de vos équipes. Pourquoi la gestion des bénévoles en association est un enjeu central ? Le secteur associatif a traversé une période difficile. Entre 2020 et 2022, le nombre de bénévoles actifs a chuté de 15 %, une conséquence directe de la crise sanitaire dont beaucoup de structures peinent encore à se remettre. Dans le même temps, les formes d’engagement ont changé en profondeur : seuls 9 % des bénévoles s’investissent encore à raison d’une fois par semaine. La majorité préfère désormais un engagement ponctuel, sur un événement précis ou une mission courte. Cette évolution oblige les associations à revoir leur façon d’accueillir, de suivre et de fidéliser leurs bénévoles. Un trésorier ou un président qui gère encore ses effectifs bénévoles à la main perd un temps précieux et prend le risque de voir filer des personnes motivées, faute d’organisation claire. C’est là que la gestion des bénévoles en association devient un vrai sujet stratégique, au même titre que la trésorerie ou les adhésions. C’est dans ce contexte que s’inscrit le décret sur le bénévolat pris en application de la loi n° 2024-344 du 15 avril 2024, votée pour soutenir l’engagement bénévole et simplifier la vie associative. Ce texte introduit plusieurs nouveautés concrètes que tout trésorier associatif a intérêt à connaître. Derrière ces chiffres se cache une réalité très concrète pour les petites structures : APEL, clubs sportifs, comités des fêtes ou associations étudiantes fonctionnent presque exclusivement grâce à des bénévoles, sans salarié permanent. Perdre un administrateur investi ou peiner à recruter un nouveau trésorier peut fragiliser toute une association en quelques mois. Mieux organiser la gestion des bénévoles en association n’est donc pas un confort administratif, mais une condition de survie pour beaucoup de petites structures. Le nouveau décret sur le bénévolat : ce qui change depuis 2025 La loi du 15 avril 2024 a posé le principe, mais c’est le décret n° 2025-161 du 20 février 2025 qui en fixe les modalités concrètes. Entré en vigueur le 22 février 2025, ce texte organise le don de jours de repos monétisés au profit des associations. Concrètement, un salarié peut désormais renoncer, avec l’accord de son employeur, à des jours de repos non pris pour qu’ils soient convertis en argent et reversés à l’association de son choix. Ce don reste encadré : il est limité à 3 jours par an, et ne peut porter que sur des jours excédant 24 jours ouvrables de congés annuels, ou sur des jours de repos non affectés à un compte épargne temps. L’organisme bénéficiaire est choisi d’un commun accord entre le salarié et son employeur, ce qui laisse à votre association une carte à jouer : faire connaître ce dispositif auprès des entreprises partenaires ou des employeurs de vos propres bénévoles peut ouvrir une source de financement inédite. Pour une petite association, ce mécanisme reste modeste en volume, mais il illustre une tendance de fond : les pouvoirs publics cherchent à faciliter le passage entre engagement salarié et engagement bénévole, plutôt qu’à les opposer. Pour aller plus loin, le texte intégral du décret est consultable sur Légifrance. Compte d’engagement citoyen : valoriser vos bénévoles dirigeants Autre changement issu de la loi bénévolat : l’accès au compte d’engagement citoyen (CEC) a été élargi. Ce dispositif permet à un bénévole qui siège au conseil d’administration ou au bureau, ou qui encadre d’autres bénévoles, d’acquérir des droits à la formation professionnelle. Avant la réforme, il fallait justifier d’une association déclarée depuis au moins trois ans. Ce seuil est désormais ramené à un an, ce qui ouvre le dispositif à de nombreuses jeunes structures, notamment les associations étudiantes ou les comités des fêtes récemment créés. Concrètement, un bénévole dirigeant ou encadrant qui déclare au moins 200 heures d’engagement sur l’année, dont 100 heures dans la même association, peut obtenir jusqu’à 240 € de droits à la formation par an, dans la limite de 720 € sur trois ans. La déclaration se fait chaque année, entre le 1er janvier et le 30 juin, sur le téléservice « Le Compte Bénévole ». Les activités réalisées en 2025 doivent ainsi être déclarées avant le 30 juin 2026. En tant que trésorier ou responsable associatif, vous avez tout intérêt à relayer cette échéance auprès de vos bénévoles dirigeants : c’est un excellent levier de reconnaissance, qui ne coûte rien à l’association et qui peut faire la différence pour fidéliser un administrateur investi. 3 autres mesures du décret utiles à votre trésorerie Au-delà du don de jours et du compte d’engagement citoyen, la loi bénévolat et ses décrets d’application apportent d’autres simplifications qui concernent directement la gestion administrative et financière de votre association. Le mécénat de compétences élargi Le mécénat de compétences, qui permet à une entreprise de mettre un salarié à disposition d’une association sur son temps de travail, est désormais ouvert aux entreprises de moins de 5 000 salariés, contre un seuil plus restrictif auparavant. Sa durée maximale passe aussi de deux à trois ans. Pour une association qui a besoin de compétences pointues (communication, informatique, gestion de projet), c’est une piste concrète à explorer auprès des entreprises de votre territoire, en plus du bénévolat classique. Des prêts facilités entre associations Un décret du 7 août 2025 précise les conditions dans lesquelles une association peut consentir un prêt à une autre structure avec laquelle elle entretient des liens étroits, par exemple au sein d’une fédération ou d’un réseau. Cette souplesse de trésorerie inter-associative, encadrée par un contrat de prêt approuvé par l’organe de direction, peut dépanner une structure sœur en difficulté passagère sans passer par un établissement bancaire. Des jeux et loteries associatifs assouplis Les modalités d’organisation des lotos, tombolas et loteries traditionnelles, souvent utilisés pour financer

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